Burning Spear (de son vrai nom Winston Rodney, né le 1er mars 1948 à Saint Ann's Bay en Jamaïque) est un chanteur et musicien de reggae.
Cela fait maintenant plus de trente ans que le bon vieux Burning Spear (Winston Rodney) égraine le monde de son reggae roots (même si comme beaucoup de groupe reggae, le côté commercial et « blockbuster » a eu raison de lui en le transformant en disco ragga). Pendant 30 ans, ce jamaïcain né le 1 mars 1945 na eu de cesse de prêcher la bonne parole du rastafarisme, du retour à la terre, de la paix et des symboles mystiques dont est emprunt la jungle des îles. Cette « lance enflammée », surnom quil tient du premier ministre du Kenya indépendant, se plantera de nombreuses fois dans lesprit et le coeur des auditeurs, surtout avec ses premiers albums dont le très bon "Social Living", paru chez Island Records, comme de bien entendu. « Je vais vous dire comment tout a commencé, explique Burning. Jétais en train de marcher dans les montagnes de St Ann, lesprit ailleurs, sans savoir où jallais vraiment. Soudain, je me suis mis à courir chez Bob Marley, là aussi sans bien savoir pourquoi. Fourche à la main, Bob était en train de rejoindre sa ferme en tenant un âne sur lequel était accrochés des plantes et des outils. On a papoté un peu et je lui ai demandé où je pouvais madresser pour faire de la musique. Et Bob a dit « ok man, essaye de voir ça avec Studio One ». Cest en effet dans le fameux studio jamaïcain que Burning enregistre ses deux premiers albums, « Burning Spear » et « Rocking Time » au début des années 70. Ce nest quau milieu de ces années-là quil rentrera chez Island. Il se fait déjà remarquer par cette voix bien particulière quon dirait sortie tout droit dune caverne près de la plage, un peu nasillarde et comme « cotonneuse », mélange de douceur et de nostalgie, de vaudou et denfance ensoleillée. Cela est flagrant dans la chanson « Jah No Dead » quil chante a capella dans le très beau film "Rockers" de 78. Il y a quelque chose chez lui de plus « terreux » que Marley ou Tosh, de plus sombre aussi, un peu comme quelquun qui annoncerait limminence dun orage sur les côtes en faisant tourner une crécelle. Surtout, Burning Spear sest fait très rapidement lambassadeur du rastafarisme et des paroles de son fondateur Marvus Garvey. Ce dernier, dorigine jamaïcaine, a été pendant les années 20 aux States linstigateur dun « retour à la terre » (en loccurrence lAfrique), véritable précurseur du mouvement Black Panther qui verra le jour dans les années 70. Marcus Garvey sera emprisonné et exilé en Jamaïque. A la Suite de Garvey, la « lance enflammée » continue de proclamer haut et fort « one aim, one god, one destiny » (un but, un dieu, un destin).